EXTRÊME, L§7
Si dans la jurisprudence il n’est pas très-avantageux de s'accommoder quand on a raison,& de plaider quand on a tort;
Si les belles-lettres contribuent à la gloir*d'une nation ou à fa décadence.
S’il faut ou s’il ne faut pas rendre le peuplesuperstitieux.
S’il y a quelque chose de vrai en métaphy-'sique, en histoire , en morale.
Si le goût est arbitraire, & s’il est en effetun bon 8c un mauvais goût, 8tc. 8cc.
Pour décider tout d’un co toutes ces ques-tions , prenez un exemple de ce qu’il y ade plus extrême dans chacune ; comparez lesdeux extrémités opposées , & vous trouverezd abord le vrai. ‘
Vous voulez savoir si la conduite peut dé-cider infailliblement du succès à la guerre ;voyez le cas le plus extrême , les situationsles plus opposées oû la conduite feule triom-phera infailliblement. L’armée ennemie effobligée de passer dans une gorge profonde demontagnes ; votre général íe fait, il fait unemarche forcée , il s’empare des hauteurs , iltient les ennemis enfermés dans un défilé , ilfaut qu'ils périssent ou qa-’ils fe rendent. Dansce cas extrême , la fortune ne peut avoir nullepart à la victoire. Il est donc démontré quel’nabrleté peut décider du succès d’une cam-pagne ; de cela seul il est prouvé que la guerreest un art.
Ensuite , imaginez une position avantageuse ,mais moins décisive ; le succès n’esl pas sicertain , mais i! est toujours très-probable. Vousarrivez ainsi de proche en proche jusqu’à une
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