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6 LETTRES DU ROI DE PRUSSE
_les grands auteurs font ncn-seuiement les bien»
1773. faiteurs de leurs contemporains, mais de tousles siècles.
Le nom d ’Aristote retentit plus dans les écolesque celui à’Alexandre. On lit et relit plus souventCicéron que les commentaires de César. Les bonsauteurs du dernier siècle ont rendu le règne deLouis XIV plus fameux que les'victoires du con.quérant. Les noms de Fra-Paolo, du cardinalBembc , du 'l’ajse , de YArioJìe, remportent furceux de Charles Quint et de LéonX, tout vice-dieu que ce dernier prétendit être. On parle centfois de Virgile , à'Horace , à'Ovide , pour une foisà’Auguste, et encore est ce rarement à son hon-neur. S’agit-il de l’Angleterre? on est bien pluscurieux des anecdotes qui regardent les Newton,les Locke , les Sbaftesbitry, les Aliiton, les Bolïng-br&ke , que de ia cour molle et voluptueuse deCharles II , de la lâche superstition de Jacques II,et de toutes les misérables intrigues qui agitèrentle règne de la reine Anne. De sorte que vousautres précepteurs du genre humain, si vous aspi-rez à la gloire, votre attente est remplie, au lieuque souvent r.os espérances sont trompées , parcsque nous ne travaillons que pour nos contempo-rains , et vous pour tous les siècles.
On ne vit plus avec nous quand un peu deterre a couvert nos cendres ; et l’on converseavec tous les beaux esprits de 1 antiquité qui nousparlent par leurs livrer.
Nonobstant tout ce que je viens de vous expo-ser , je n’en travaillerai pas moins pour la gloire,