_44 LETTRES DU ROI DE PRUSSÉ
ï77î. LETTRE XVI.
DU ROI.
Le 26 de novembre.
R
AUT-IL ecnre en mauvais versAu dieu qui préside au Parnasse?
C’est aux orgueilleux non expert»
A s’armer d une telle audace.
Moi, né fous un ciel de Primats,
- Loin des bords Henris de la Seine,
Vieux, cassé, fans feu, fans baleine.
Si je tentais dans mes ébatsDe rimer encor pour Voltaire,
Je mériterais pour salaireLe traitement de Marfyas.'
M. Guibert m’a vu avec des yeux jeunes quîjn’ont rajeuni. Mes cheveux blanchissent, maforce se dissipe et ma chaleur s’éteint. fl n’estdonné qu’à Voltaire de rajeunir. Les protégésà'Apollon font plus favorisés que ceux de Mars.Au lieu de vingt campagnes que M. Guibert mïdonne libéralement , il ne m'en reste qu’une àfaire: c’est celle du dernier décampement.
Dans cette situation , on ne .pense pas à chercherdes combats dans la Thrace et en Scythie. Soyezsûr que rimpétatrice de Russie, jalouse de la gloirede fa nation, r aura bien faire la paix fans secoursétrangers. Vous ou! ère-, je croîs, immorrel, vousvoudriez être foectateur d une de ces grandes révo-lutions qui changent îa face de l’Furope; prenez-vous-en à la modération de i’impéra'rice de Russie,fi cette révolution n’arrive pas. Cette princesse ne