*00 RECUEIL DES LET TR E S
LETTRE CXIII.
A M. DE LA HARPE.i» d’octobre.
S765. J’ A VOUE qu 11 y a quelque chose de vraîdans ce que vous dites de la belle réceptionqu’on fit à cette Adélaïde du Guesclin, long-■ temps avant que vous fussiez né. On ne réussitdans ce monde qu'à la pointe de l’épée ; le plai-sant de l’affaire, c’est qu’il n’y a pas un mot dechangé dans la pièce autrefois sifflée et aujour-d’hui applaudie. Ces exemples doivent consolerla jeunesse. Songez que, si vous travaillez pourdes Français, vous travaillez aussi pour désVelches qui ont approuvé une Electre amoureused’un hìs , qui ont préféré !a Phèdre de Pradon àcelle de Racine, et qui ont méprisé Athalie pen-dant trente ans. C’est bien pis dans les provincesoù les présideras des élections & îes échevinsjugent d’un ouvrage par les feuilles de Friron.Heureusement vous avez autant de courage quede génie. Quelqu’un a dit que la gloire réside auhaut d’une montagne; les aigles y volent, et lesreptiles s’y traînent. Vous avec pris un vald’aigle dans Warvick, et vous ailes font bonnes.
Je vous embrasse de rout mon cceur. iUadameDenis vous fait mille complimens.
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