v r M. DE VOLTAIRE 235pas qu’ìl n’y ait dans fa pièce autant d’intérêt quedans celle de Plron , avec de plus beaux vers.
Quant à la pauvre Adélaïde, elle ne me pa-raît pas si heureuse à la lecture qu a la- représen-tation. Je vois bien que vos talens savaient em-bellie. L’édition a beaucoup de fautes qui ne fontpoint corrigées dans l'errata. II me tombe fous la-main un vers que je n’entends point du tout,c’est à la page 30 ;
Gardez d’ètre réduit ail hasard dangereux
Que les clieís de l’Etat ne tiahissent leurs y ceux.
cela n’est ni françois pour la construction, ni ! in-telligible pour le sens. J'al fait beaucoup de mau-vais vers en ma vie; mais, Dieu merci, je n’aipas à me reprocher celui-là; 11 est plat & bar-bare. Voilà où mène la malheureuse coutume decouper 8t d’étriquer des tirades. Quoique je foisbien vieux , je ne laisse pas d’avoir un peu degoût et même un peu d’amour-propre , & je fuisfâché d’être si ridicule. Je vois bien qu’il n’y aplus de remède. Je vous prie, pour me confoier,-de me mander comment vont les spectacles,.lesplaisirs ou i’enmii de Paris , et de ne plus mettrecomédie Jrançoïfe en contre-feing fur vos lettres;il est fort indîfl'éreut pour la poste que vôs lettresviennent de la comédie frarçoife ou de la comé-die italienne ; ce qui n’est pas indifférent,, c’estvotre amitié.
J'- Vous embrasse de tout mon cœur. P'.
Je reçois votre lettre du 23. Je ne crains pas