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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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DE M. DE VOIIA1RI, 147

LETTRE CXXXIX.

A M. DAMILAVILLE.

A Ferney, 9 de décembre,

IV^on cher ami, ma lettre doit commencer d’une--

façon toute contraire aux épîtres familières deCicéron-, et je dois vous dire : Si vous vous portermal, j’en fuis très-affligé; pour moi, je me portemal. La différence entre nous, c’est que vous êtesun jeune chêne qui essuyez une tempête, et quemoi je fuis un vieux arbre qui n’a plus de racines.Tronchirt ne guérira ni vous ni moi. Vous vousguérirez tout seul par votre régime : c’est-là lavraie médecine dans tous les cas ordinaires. II Cepeut pourtant que votre grosseur à la gorge n’ayantpas suppuré , l’humeur ait reflué dans le sang; ence cas, vous seriez obligé de joindre à votre régimequelques détersifs légers. Peut - être que la petitesauge avec un peu de lait vous ferait beaucoupde bien. Les alimens et les boissons qui fervent deremèdes ont seuls prolongé ma vie ; et je ne con-nais point de médecin supérieur à l’expérience.

Je fais bien des vœux pour que notre cherBeaumont trouve l’exemple qu’il cherche. II ferasûrement triompher l’innocence des Sirvsn commecelle des Calas.

On dit qu’il s’est déjà présenté soixante personnespour remplir le nouveau parlement de Bretagne ;

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