ÎI4S RECUEIL E}ES LETTRESen ce cas, c’est une affaire finie, et la paix ne■ fera plus troublée dans cette partie du royaume.Je me flatte qu’elle régnera aufli dans notre voisi*nage: il n'y a pas eu la moindre ombre de tumulte,et il n’y en aura point. Vous pouvez être sûr quetout ce qu’on vous dit est fans fondement.
Rien n’est plus ridicule que ridée que vous ditesqu’on s’est faite de ce pauvre père Adam ; il me ditk messe et joue aux échecs: voilà, en vérité, lesdeux seules choses dont il se mêle. II ne connaîtpas un seul genevois , il ne va jamais à la ville. J’aieu îe bonheur Ae plaire aux magistrats et aux ci-toyens , en tâchant de les rapprocher , en leurdonnant de bons dîners, en leur lésant l’éloge dela concorde et de leur ville.
M. Hinin , qui arrive incessamment, trouvera lesvoies de la pacification préparées, et achèvera l’ou-vrage. J’ai joué le seul rôle qui me convînt, sansfaire aucune démarche , recevant tout le mondechez moi avec politesse , et ne donnant fur moiaucune prise. M. à’Argentai sait bien que telle a étéma conduite ; M. le duc de Praslln en est instruit;Je laisse parler les gens qui ne le font point. Je faisbien qu’il faut que dans Paris on dise des sottises. II ya cinquante ans que je fuis en butte à la calomnie,et elle ne finira qu’avec moi. Je m’y fuis accou-tumé comme aux indigestions.
Digérez, mon cher ami , et mandez-moî, je(Vous en conjure, des nouvelles de votre santé.