DE M. DE VOLTAIRE.
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LETTRE CX L.
A M. LE COMTE D’aRGÊNTAL,
14 áe décembre.
M E s anges, vous n’aliez point à Fontainebleau ; _
vous êtes fort sages; ce séjour doit être fort mal 1765.sain , et vous y seriez trop mal à votre aise. J’ai peurque la cour n’y reste tout-l’hiver. J’ai peurauffi quevous n’ayez pas de grands plaisirs à Paris ; la maladiede monsieur le dauphin doit porter par-tout la tris-tesse. Cependant, voilà une comédie de Sidoine quiréussit et qui vous amuse ; celle de Genève ne finirapas sitôt. Je crois , entre nous , que le conseil s’esttrop flatté que M. le duc de Praslin lui donneraitraison en tout. Cette espérance l’a rendu plus diffi-cile, et les citoyens en font plus obstinés. J’ai pré-paré quelques voies d’accommodement fur deuxart tdes; mais le dernier sur-tout sera très-épineux ,et demandera toute la sagacité de M. Hinln. Je luiremettrai mon mémoire et la consultation de votreavocat : cet avocat me paraît un homme d’un grandsens et d’un esprit plein de ressources. Si vous jugezà propos, mes divins anges, de me faire connaîtreà lui, et de lui dire combien je l’estìme , vous merendrez une exacte justice.
Je ne chercherai point à faire valoir mes petitsservices, ni auprès des magistrats , ni auprès descitoyens ; c’est assez pour moi de les avoir fait dîner