a8 RECUEIL des lettres
J’ai toujours votre quinzième chapitre dans lecœur et dans !a tête, et la censure contre , dans le cu.Je ne crois pas qu’il y ajt rien de fi déshonorantpour notre siècle. Sans votre quinzième chapitre ,ce siècle était dans la boue. Vous devez aller remer-cier la forbonne en cérémonie ; elle a rassemblé lespensées d’un grand écrivain et d’un grand citoyen ;elle démontre au roi que vous êtes un sujet sidelle ,et à l’Eglise que vous êtes un homme très-religieux.II était impossible de travailler plus heureusementà votre justification et à votre gloire.
Votre idée de l'histoire politique de l’Eglise esttrès-belle, mais c’est l'histoire du monde entier. IIn’y a point de royaume en Europe que le pape n’aitdonné ou cru donner ; il n’y en a point où il n’aitlevé des impôts , où il n’ait excité des guerres : j'enai dit quelques mots dans i’Essai fur les mœurs etl’esprit des nations,
L ’Examen dans lequel le président Renault est sijnaltraité., est un tour de maître Gonìn , que je n’aipas encore éclairci. L’ouvrage est assurément d’unhomme très-profond dans l’histoire de France, II ya des erreurs, mais il y a aussi des recherches savan-tes. Le style court après celui de Montesquieu ; ill’attrape quelquefois , mais avec des folécifmes etdes barbarismes dont Montesquieu avait aussi fa part.On a imprimé ce petit livre fous le nom d’un mar-quis de Béleftat. J’ai reçu moi-même de Montpellierdeux lettres signées de ce nom ; et il se trouve, àfin de compte, qu’il n’y a point de marquis deB de fiat ; c’est l'aventure du faux Arnaud.