DE m. de YOLIAU! - agfJe crois , après m’être bien tourmenté à deviner,que je dois finir par rire. Plût à Dieu qu’il n’y eûtdans le monde que ces petites méchancetés ! Maisje reprends mon air grave et triste, quand je songeà certaines choses qui se sont passées dans monsiècle ; je ne les oublie point, je les garde pour lesposthumes, et je veux que la postérité déteste lespersécuteurs.
Je vous embrasse bien tendrement, mon très- cherconfrère.
LETTRE XVI.
A M. LE PRINCE DE LIGNE.
A Ferney, ; de décembre,
MONSIEUR LE PRINCE,
Je fuis enchanté de votre lettre, de votre souvenir ;vous réveillez l’assoupissement mortel dans lequelmon âge et mes maladies m’ont plongé. J’ai quel-quefois combattu ma langueur par des plaisanteriesqui font, à ce que je vois, parvenues jusqu’à vous ;elles m’ont valu !a jolie lettre dont vous m'honorez.Je m’aperçois que certaines plaisanteries font bonnesà quelque chose : il y a trente ansqu’aucun gouver-nement catholique n’aurait osé faire ce qu’ils fonttous aujourd’hui. La raison est venue; elle rend àla superstition les fers qu’elle avait reçus d’elle.
J’ai eu l’honneur d’avoir chez moi M. le duc de
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