DE M. DE VOLTAIRE.’ 3 3
s’en appercevoir ? Ce sont-là les tristes effets de la--
mauvaise réputation; autrement, comment auraient- 1 7^*ils pu soupçonner des païens de Syrie d’avoir lamoindre ressemblance avec le clergé de France ? Ceclergé n’a aucun tribunal, ne condamne personne àmort, ne persécute aujourd’hui personne.
Si les Guèbres pouvaient ressembler à quelquechose, ce ne serait qu’aux premiers chrétiens pour-suivis pas les pontifes païens, pour n’avoir adoréqu’un seul Dieu ; et même on pourrait dire que lapièce de la Touche était originairement une tragédiechrétienne , mais que la crainte de retomber dansle sujet de Polyeucte, et le respect de notre saintereligion qui ne doit pas être prodiguée fur le théâ-tre, engagea l’auteur à déguiser le sujet sous d’au-tres noms.
La pièce même, présentée à la police sous cepoint de vue , avec un avertissement, serait-eilerejetée fous prétexte qu’il y a des prêtres en France,comme il y en a eu de tout temps dans tous lesEtats du monde ? 11 n’y a certainement pas unmot qui puisse désigner nos évêques, nos curés ,ou même nos moines. On pourrait, tout au plus ,chercher quelque analogie entre les prêtres d’Apa-mée et ceux de Pinquisition ; mais l’inquisidon estabhorrée en France, et réprimée en Espagne; etcertainement M. le comte d ’Aranda ne demanderapas qu’on supprime cet ouvrage à Paris.
Si on reproche à feu M. Guimon de la Touche-d’avoir rendu les prêtres d’Apamée trop odieux,il me semble qu’on peut répondre que , s'ïl ne