Z4 RECUEIL DES LETTRESTétaient pas, Tempereur aurait tort de les abolir;que d’ailieurs la loi contre les Guèbres a été portéenon par les prêtres , mais par Tempereur lui-même ;que tous les personnages ont tort dans la pièce ,excepté le vieux jardinier et fa fille; que Tempe-reur , en leur pardonnant à tous, fait un grandacte de clémence , et que le dénouement est fondéfur l’amour de la justice et du bien public.
Si, avec ces raisons , la pièce ne pafle point àla police, il faudra s’en consoler, en Timprimant,soit sous le nom de la Touche , soit fous un autre.
J’ai bien de Tinquiétude fur un objet beaucoupplus important, qui est la vie ou la mort de M. lecomte de Coigtù , que nos malheureuses gazettesétrangères ont tué en Corse. II était venu coucherquelques jours à Ferney, Tannée passée ; il m’avaitparu très-aimab!e, fort instruit et fort au-dessus deson âge ; il passait déjà pour un excellent officier.Je veux encore me flatter que les gSzettes ne saventce qu’elles disent : cela leur arrive fort souvent.
Je ne fuis que trop sûr de la mort du chevalierde Bétiçi qui était bien attaché à la bonne cause,et que je regrette beaucoup; mais je veux douterde celle de M. de Coi gui.
Donnez moi donc, pour me consoler, quelquesespérances sor un certain duché (* ) qui ne vautpas celui de Milan , mais pour lequel j’ai pris urvif intérêt.
! *) Castro et Ronciglione que M. de Voltaire désirait devoir réuni au duché de Parme.