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Oui, j’ai déclaré que je déjeunais à la manière9‘ de mon pays : mais si vous étiez turc, m’a-t-on dit, !vous déjeuneriez donc à la façon des Turcs? oui, 'Messieurs. '
De quoi s’avise mon gendre d’envoyerces quatreHomélies; elles ne font faites que pour un cettainordre de gens. II faut, comme disent les Italiens,donner cibo per tutti.
Vous saurez, Madame , qu’il y a une trentainede cuisiniers répandus dans l’Europe, qui, depuisquelques années, font des petits pâtés dont tout lemonde veut manger. On commence à les trouverfort bons, même en Espagne. Le comte à’Arandaen mange beaucoup avec ses amis. On en fait enAllemagne, en Italie même ; et certainement, avantqu’il soit peu, il y aura une nouvelle cuisine. j
Je fuis bien fâché de n’avoir pas la Princesseprìntannière dans ma bibliothèque; mais j’ai l’Oi-seau bleu et Robert le diable. Je parie que vous n’a-vez jamais lu CUlie ni 1 ’Afirée ; on ne les trouve plusà Paris. CUlie est un ouvrage plus curieux qu’on ine pense; on y trouve les portraits de tous les gens |qui fefaient du bruit dans le monde du temps demademoiselle Scudéry ; tout port-royal y est ; lechâteau de Villars , qui appartient aujourd’hui àM. le duc de Praslin.y est décrit avec la plusgrande exactitude.
Mais, à propos de romans, pourquoi, Madame,n’avez-vous pas appris l’italien ? Que vous êtes à vplaindre de ne pouvoir pas lire, dans fa langue,
1 ’ArioJìe , si détestablement traduit ea français!
Votre