DE M. DE VOLTAIRE. 145Votre imagination était digne de cette lecture; c’estla plus grande louange que je puisse vous donner ,et la plus juste. Soyez très-sûre qu’il écrit beaucoupmieux que la Fontaine, et qu’il est cent sois pluspeintre qu Homère, plus varié, plus gai, plus co-mique plus intéressant, plus savant dans la con-naissance du cœur humain que tous les romanciersensemble, à commencer par l’histbire de Joseph etde la Putlphar, et à finir par Paméla. Je suis tenté,toutes les années, d’aller à Ferrare, où il a un beaumausolée; mais , puisque je ne vais point vousvoir, Madame , je n’irai pas à Ferrare.
Vous me faites un grand plaisir de me dire quevotre ami se porte mieux. Mettez moi aux piedsde votre grand’maman ; mais si elle n’a pas le bon-heur d’être folle de 1 ’Arlofle, je fuis au désespoirde sa sagesse. Portez-vous bien , Madame ; amufez-vous comme vous pourrez. J’ai encore ia fièvretoutes les nuits, et je m'en moque,
Amusez-vous, encore une sois, fût-ce avec lesQuatre fils Aimon\ tout est bon, pourvu qu’on at-trape le bout de la journée, qu’on soupe et qu’ondorme; le reste est vanité des vanités, comme ditl’autre; mais l’ainitié est chose véritable.
T. 93. Correfp. générale. Tome XV. N