RECUEIL DES LETTRES
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LETTRE L X X I I.
A M. GAILLARD.
A Ferney, 18 d’avril.
- Je vous assure, Monsieur, qu’un vaisseau arrive
* 7^9 ■ plus vîte de Mtíka à Marseille, que votre Sièclede François 1 n'est arrivé de Paris à Ferney. Mongendre Dupuits l’avait laissé à Paris,; je ne l’ai euque depuis huit jours. Grand merci da m’avoir fait.passer une semaine si agréable. Vous m’avez ins-truit, et vous m’avez amusé : ce sont deux grandsservices que vous m'aver rendus.
Jen’aime guère François J, mais j’aime fort votre.style, vos recherches, et sur-tout votre esprit detolérance. Vous avez beau dire et beau faire,Çkarles-quhit n’a jamais brûlé de luthériens à petitfeu ; on ne les a pas guindés au haut d’une per-che , en fa présence, pour les descendre, à plusieurs•reprises, dans le bûcher, et pour leur faire favou<rer, pendant cinq ou six heures, les délices dumartyre. Charles-quint n’a jamais dit que, si sonsils ne croyait pas la transsubstantiation, il ne man-querait pas de le faire brûler, pour l’édificationde son peuple. Je ne vois guère , dans François /,que des actions ou injustes ou honteuses, ou folles.Rien n’est plus injuste que le procès intenté auconnétable qui s’en vengea si bien, et que le sup-plice de Satnblançai qui ne fut vengé par personne.jL’atroeité et la bêtise d’accuíer un pauvre chimiste