IY2 RECUEIL DES LETTRESpays étranger, et on me loue dans l’épître d’aimerpassionnément la tolérance, et de respecter beau-coup la religion ; cela fait toujours plaisir.
On a fait deux nouvelles éditions du Siècle deLouis XIV et de Louis XV. .On m’a envoyé d’An-gleterre une belle médaille d’or de l’amiral Anson,en signe de reconnaissance du bien que j’ai dit dece grand homme avec la vérité dont je fuis assezpartisan.
On dit que nous allons avoir une petite his-toire de la guerre de Corse. Je suis bien fâché queM. de Cìiauvelìn n’ait pas été à la place de M. deVaux. Vous ne sautiez croire quelle considérationle ministère de France a chez l’étranger, ou plutôtvous le savez mieux que moi. Faire un pape,gouverner Rome, prendre un royaume en vingtjours , ce ne font pas là des bagatelles.
Tout languissant et tout mourant que je fuis, jepourrais bien ajouter un chapitre au Siècle deLouis XV.
Je prends la plume, mon cher ange, pour vousdire que j’ai su que vous cherchiez quelque argent.Je n’ai actuellement que dix mille francs dont jepuisse disposer à Paris, les voi'à. Agrtezle denierde la veuve. Je fuis très-afhigé du dérangement dela santé de madame à’Argentai. Dites - moi de sesnouvelles, je vous en conjure.
N’admirez-vous pas comme j'écris lisiblement,quand j’ai une bonne plume?
A sombre de vos ailes, mes anges. V.
LETTRE