DE M. DE VOLTAIRE. 191père MaJJìllon sont un des plus agréables ouvragesque nous ayons dans notre langue. J’aime à mefaire lire à table; les anciens en usaient ainsi , et jefuis très-ancien. Je fuis d’ailleurs un adorateur très-zélé de la divinité ; j’ai toujours été opposé à l’a-théisme; j’aime les livres qui exhortent à la vertu,depuis Consucius jusqu’à MaJJìllon ; et sur cela onn’a rien à me dire qu’à m’imiter. Si tous les con-seils des rois de l’Europe étaient assemblés pour mejuger fur cet article, je leur tiendrais le même lan-gage , et je leur conseillerais la lecture à dîner ,parce qu'il en reste toujours quelque chose , et qu’stne reste rien du tout des propos frivoles qu’on tientdans ces repas, tant à Rome qu’à Paris.
Quant à l’histoire dont vous me parlez, moncher ange , il est impossible que j’en fois fauteur;elle ne peut être que d’un homme qui a fouillé deuxans de fuite dans des archives poudreuses. J’ai écritfur cette petite calomnie qui est environ la troiscentième, une lettre à M, Marin, pour être misedans le Mercure qui commence à prendre beaucoupde saveur. Je fais, à n’en pouvoir douter, que cetouvrage n’a pas été imprimé à Genève, mais àAmsterdam, et qu’il a été envoyé de Paris. Jefais encore qu’on en fait deux éditions nouvellesavec additions et corrections, car je fuis fort aulait de la librairie étrangère.
II est bon, mon cher ange, que l’on fasse im-primer, fans délai, jour et nuit, fans perdre unmoment, ces Guèbres fur lesquels je pense préci-sément comme vous. On mes les a dédiés dans le
1769.