ipsi RECUEIL DES LETTRES
-r- Un point plus important à mon gré que tout
cela , c’est que M. Marin ne perde pas un momentà faire imprimer les Guèbres ; c’est une manièresûre de prouver l’alibi. II est physiquement impos-sible que j’aye sait à la fois l’Histoire du Siècle deLouis XV, les Guèbres, l’Histoire du parlement,et une autre oeuvre dramatique que vous verrezincessamment. Je n’ai qu’un corps et une ame ; l’unet l’autre sont très-chétifs ; il faudrait que j’en.eusse trois pour avoir pu faire tout ce qu’onm’at-tribue.
Encore une fois, il ne sauf pas que M. Marinperde un seul moment. Je passerai pour être fau-teur des Guèbres , je m’y attends bien , et voilàfur-tout pourquoi il faut se presser. On a déjà en-voyé à Paris des exemplaires de sédition de Ge-nève. La pièce a beau m'être dédiée, on soup-çonnera toujours que le jeune homme qui l'a com-posée est un vieillard. Je n’ai pu m’empêcher d’enenvoyer un exemplaire à madame la duchesse de.Choi/eul , parce que je savais qu’un autre prenaitles devans, et que je fuis en possession de lui fairetenir tout ce qu’il y a de nouveau dans le paysétranger. On sc prépare à faire une nouvelle édi-tion des Guèbres à Lyon ; il faut donc fe hâterprodigieusement à Paris,
Voilà, mon cher ange, un détail bien exact detoutes mes bagatelles littéraires et dévotes. Je vousprie de faire part de cette lettre à madame Denis.Je ne puis lui écrire par cet ordinaire ; je fuis ma-lade , la tête MS tourne, la poste part.