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Oeuvres Complètes De M. De Voltaire
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218 recueil des lettres

- II est vrai, Madame, que jai quelquefois de

1 7 J 9 | petits avertistemens ; mais, comme je fuis fortdévot, je luis très-tranquille.

Je fuis très-fâché que vous pensiez que les Guè-bres pourraient exciter des clameurs. Je vous de-mande instamment de ne point penser ainsi. Effor-cez-vous, je vous en prie, dêtre de mon avis.Pourquoi avertir nos ennemis du mal quils peuventfaire ? Vraiment, si vous dites quils peuvent crier,ils crieront de toute leur force. II faut dire et redirequil ny a pas un mot dont ces messieurs puissentse plaindre, que la pièce est Séloge des bons prêtres ,que lempereur romain est le modèle des bonsrois, quenfin cet ouvrage ne peut inspirer que laraison et la vertu : cect le sentiment de plusieursgens de bien qui font austì gens defprit. Mettez-vous à leur tête , cest Votre place. Criez bien fort,ameutez les honnêtes gens contre les fripons. Cestun grand plaisir davoir un parti, et de diriger unpeu les opinions des hommes.

Si on navait pas eu de courage , jamais Maho-met naurait été représenté. Je regarde les Guèbrescomme une pièce sainte, puisquelle finit par lamodération et par la clémence. Athalie, au con-traire, me paraît dun très-mauvais exemple: cestun chef-dœuvre de versification , mais de barbariesacerdotale, je voudrais bien savoir de que! droitle prêtre Joad tait assassiner Athal'ie , âgée de quatre-vingt-dix ans, qúi ne voulait et qui ne pouvaitélever le petit Joas que comme son héritier ? Letôle de ce prêtre est abominable.