22.0 RECUEIL DES LETTRES
-tragédie d'Jphigénie. II y avait beaucoup de témé-
l 7&9‘ rite de mettre ìe récit à’UlyJse en action. Je ne saispas quel est Ir profane qui a osé toucher ainsi auxchoses saintes.
Comment ne s’est-on pas aperçu que le spectacled'Eriphyle se sacrifiant elle-même, ne pouvait faireaucun effet, par la raison qu 'Eriphyle, n’étant qu’unpersonnage épiiodique et un peu odieux, ne pou-vait intéresser ? 11 ne saut jamais tuer fur le théâtreque des gens que l’on aime passionnément.
Je m’intérelTe plus à fauteur des Guèbres qu’àcelui de la nouvelle scène d’Iphigénie. C’est unjeune homme qui mérite d’être encouragé ; il n’a-que ,de bons -sentimens , il veut inspirer la tolé-rance, c’èst toujours bien fait', il pourra y réussirdans cinquante ou soixante ans. En attendant, jecrois que les honnêtes gens doivent le tolérer lui-même, fans, quoi il ferait exposé à la fureur desjansénistes qui n’ont d’indulgence pour personne.Tous les philosophes devrqient bien élever leurvoix en faveur des Guèbres. J’ai vu cette pièceimprimée, dans le pays étranger, fous le nom dela Tolérance ; mais on est bien tiède aujourd’hui 4Paris fur l’intérêt public ; on va à l’opéra comiquele jour qu’on brûle le chevalier de la Barre , etqu’on coupe la tête à Lalli. Ah! Parisiens! Pari-siens! vous ne savez que danser autour des cada-vres de vos stères. Mon cher ami, vous n’êtespas velcfae. V,