141 RECUEIL DES LETTRES
Je prouveras bien que les choses passables de cetemps-ci font toutes puisées dans les bons écritsdu siècle de Louis XIF. Nos mauvais Uvres fontmo ns mauvais que les mauvais que l'on fefait dutemps de L’oileau, de Racine, de Molière , parceque, dans ces plats ouvrages d’aujourd’bui, il y atoujours quelques morceaux tirés visiblement desauteurs du règne du bon goût. Nous ressemblons àdes voleurs qui changent et qui ornent ridiculementles habits qu’ils ont dérobés , de peur qu’on ne lesreconnaisse. A cette friponnerie s’est jointe la ragede la dissertation et celle du paradoxe. Le toutcompose une impertinence qui est d’un ennuimortel.
Je vous promets bien , Madame, de prendretoutes ces sottises en considération l'hiver prochain,si je fuis en vie, et de faire voir à mes chers com-patriotes que, de français qu’ils étaient, ils fontdevenus velches.
Ce font les derniers chapitres que vous avez lusqui font assurément d’une autre main , et d’unemain très-mal-adroite. II n’y a ni vérité dans lesfaits, ni put été dans le style. Ce font des guenillesqu’on a cousues à une bonne étoffe.
On va faire une nouvelle édition des Guèbresque j’aurai l’honneur de vous envoyer. Criez bienfort pour ces bons Guèbres, Madame ; criez, faitescrier; dites combien il ferait ridicule de ne pointjouer une pièce si honnête, tandis qu’on représentetous les jours le Tartufe.
Ce n’est pas aff.-z de haïr le mauvais goût, il