de m. de voltaire. 151
enchanté d’avoir l’honneur de vous voir ; mais iln’y a pas d’apparence que vous puissiez quitter les 1Etats de Bourgogne et la cour brillante de M. leprince d e Condé, pour d<s montagnes couvertesde neiges, et pour un vieux solitaire devenu aussifroid qu’elles. V.
LETTRE CXXV.
A M. LE MARÉCHAL DUC DE RICHELIEU.
A Ferney , 18 de septembre.
Je vous écris, Monseigneur, quand j’ai quelquechose à mander que je crois valoir la peine de vousimportuner. Je me tais quand je n’ai rien à dire,et quand je songe que vous devez recevoir parjour une quarantaine de lettres, je crains de fairela quarante et unième.
Vous me demandez où est la gloire ? Je vais vousle dire. Un homme qui revient de Gênes, me con-tait hier qu’il y avait vu un homme de la cour del’empereur. Cet allemand en regardant votre statue,,disait : Voilà le seul français qui, depuis le maré-chal de Vìllars, ait mérité une grande réputation.Un pareil discours est quelque chose. Ce seigneurallemand ne se doutait pas que vous le sauriezpar moi.
Vous m’accusez toujours d’avoîr une confianceaveugle en certaines personnes. Qui voulez-vousque je consulte ? Je ne connais aucun comédien,excepté le K ain. U y a vingt et un ans que je n’ai