2^2, RECUEIL DES LETTRES— vu Paris, et tous les acteurs ont été reçus depuis1 ?°9‘ce temps-là. J’ai une autre nièce que madame De-nis , qui se mêle auíîl de jouer quelquefois !a co-médie dans Con castel. Elle a distribué une ou deuxfois de mes rôles. J’ai auffi un neveu , conseiller auparlement, qui est, fans contredit, le meilleur co-mique des enquêtes. Je voudrais que la grand’eham-bre ne fît que ce métier-là , tout en irait mieux.
A propos de grand’chambre, vous devez bienvoir, Monseigneur, par l’énorme brigandage quirégnait dans l'inde , que ce n’était pas voî-re ancienprotégé Lalìi qui était coupable. II y a des chosesqui me font saigner le cœur long-temps. Je fuisun peu le don Quichotte des malheureux. Je pour-suis fans relâche l’affaire des Sïrven, qui est toutesemblable à celle des Calas , et j’espère en venir àbout dans quelques semaines. Ces petits succès meconsolent beaucoup de ce que les sors appellentmalheur.
J’ignore toujours si M. le marquis de Ximenèsne s’est pas tiompé quand il m’a mandé que vousordonniez qu’on jouât les Guèbres. Ordonnez cequ’ii-vous plaira : je vous ferai sensiblement obligéde tout ce que vous ferez. J’aì la vanité de croireles Guèbres très-dignes de votre protection. II n’ya qu’un fat de robin qui ait dit que les Guèbresétaient dangereux; oìi a-t-il pris cette impertinenteidée ? craint-il qu’on nefe faste guèbreà ParisfM.deSartine est bien loin de penser comme cet animal.
Je me mets aux pieds de mon héros, et je le re-mercie de toutes ses bontés. V.