de Louis XIV. li
ne voïoit que des Prêtres qui conjuroiençdes Démons. Les Tribunaux , composés deMagistrats , qui dévoient être plus éclairésque le vulgaire, étoient occupés à juger desSorciers. On reprochera toujours à la mé^moire du Cardinal de Richelieu la mort de cefameux Curé de Loudun, Urbain Grandier,condamné au feu , comme Magicien , parune commission du Conseil. On s'indigne quele Ministre & les Juges ayent eu la faiblesse decroire aux Diables de Loudun , ou la barbaried’avoir fait périr un innocent dans les flam-mes. On se souviendra, avec étonnement»jusqu’à la derniere postérité , que la Maré-chale d’Ancre fut brûlée en Place de Grève »comme sorcière; & que le Conseiller Cont-rit» , interrogeant cette femme infortunée, luidemanda de quel sortilège elle s'étoit serviepour gouverner Pefprit de Marie Médicis »que la Maréchale lui répondit : f}e me fuisservie du pouvoir qu ont les âmes fortes fur lesesprits faibles & qu'enfln cette réponse ne ser-vit qu’à précipiter TArrêt de sa mort.
On voit encore dans une copie dé quelquesRegistres du Châtelet, un Procès commencéen 1 60 1. au sujet d'un Cheval qu'un Maître in-dustrieux avoit dressé à peu-près de la maniérédont nous avons vu des exemples, on vouloirfaire brûler le maître & le cheval, accusés tous
deux de sortilège.
Dans cette disette d'Arts, de Police, de Rairion, de tout ce qui fait fleurir un Empire, ils’é-