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Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
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yj? s Premier Discours,

Vaut-elle une Princesse auprès du Trône assise ?Nest-il pas plus plaisant pour tout .homme dEglisesDorner son front tondu dun chapeau rouge ou vert.Que daller, dun vil froc obscurément couvert,Recevoir à genoux , après Laude ou Mâtine ,

De son Prieur cloîtré vingt coups de discipline ?Sous un triple mortier, nest on pas plus heureuxQuun Clerc enseveli dans un Greffe poudreux ?Non ; Dieu seroit injuste ; & la sage Nature,

Dans ses dons' partagés, garde plus de mesure;.Pense-t-on quici bas son aveugle faveurAu char de la Fortune attache le bonheur ?

Jamais un Colonel nauroit donc limpudenceDégaler en plaisirs un Maréchal de France ?iEmpereur est toujours, grâce à tant de grandeurs,Plus fortuné, lui seul,.que les sept Electeurs:

Et le Roi des Romains seroit un téméraire,

De prétendre un moment au bonheur du Saint Pere.Croi moi ; Dieu, dun autre œil, voit les faibleshumains,

Formés tous du limon quont animé ses mains.Admirons de ses dons le différent partage :

Chacun de ses enfans reeut un héritage.

Le terrain le moins vaste a fa fécondité ;

Et língrat qui se plaint est seul déshérité.Possédons fans fierté, subissons fans murmureLe fort que nous a fait l'Auteur de la Nature.

Dieu, qui nous a rangé fous différentes loix,

Peut faire autant dheureux, non pas autant de Rois.

On dit, qnavant la Boete apportée à Pandore,Nous étions tous égaux } nous le sommes encore.

Avoir