"Premier Discours,
Duppé p^f sa maîtresse, & haï par sa femme.Prodigue à vingt beautés ses chansons 8c fa flamme ;Quitte .®glé qui l’aimoife, pour Cloris qui le fuit,Et prend pour volupté le scandale & le bruit.
Colin, plus vigoureux, & pourtant plus fidèle ,Revoie vers Lisette en la saison nouvelle.
Il vient, après trois mois de regrets & d’ennui,Lui présenter des dons aussi simples que lui.
Il n’a point à donner ces riches bagatelles,
Qu 'Hébert vend à crédit pour tromper tant de Belles.Sans tous ces riens brillans, il peut toucher un cœur;Il n’en a pas besoin : C’elì le fard du bonheur.
L'Aig t e, fiere 8c rapide, aux ailes étendues»Suit f objet de fa flamme, élancé dans les nues.Dans l’ombre des Vallons, le Taureau bondissant»Cherche en paix fa Genisse, & l’aime en mugissant.Au retour du Printemps, la douce PhilomeleAttendrit par ses chants fa compagne fidele;
Et du sein des buissons, le moucheron leger,
Se mêle, en bourdonnant, aux insectes de l’air ;De son être content, qui d’entre eux s’inquiette,S’il est quelque autre espèce, ou plus ou moins par-faite ?
Et qu’importe à mon fort, à mes plaisirs présens,Qu’il soit d’autres heureux, qu’il soit des biens plusgrands ?
Mais, quoi ! cet indigent, ce mortel famélique,Cçt objet dégoûtant de la pitié publique,
D un cadavre vivant traînant le reste assreux ;Respirant pour souffrir, çst-il UN {homme heureux ?
Non»