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Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
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t)e f égalité des Conditions. 45Uon, sans doute ; & lamas qu’un Esclave détrône;Ce Visir déposé, ce Grand qu’on emprisonne,Ont-ils des jours sereins quand ils font dans les fers?Tout état a ses maux, tout homme á ses revers.Moins hardi dans la paix, plus actif dans la guerre ,Charle auroit fous ses loix retenu l’Angleterre ;

Et Dnfrefm, plus sage & moins dissipateur.

Ne fût point mort de faim , digne mort d’un Auteur,Tout est égal enfin. La Cour a ses fatigues,L’Eglife a ses combats, la Guerre a ses intrigues :Le mérite modeste est souvent obscurci.

Le malheur est partout, mais le bonheur aussi.

Ce n est point la grandeur, ce n est point la bassesse,Le bien, la pauvreté, l’áge mûr, la jeunesse,

Qui fait, ou l’infortune, ou la félicité.

J a d r s le pauvre Irus, honteux 8t rebuté,Contemplant de Crésus l’ôrgueilleuse opulence,Murmurort hautement contre la Pfovidènce.

Que d’honneurs! difoit-il, que d éclat! que de bien!Que Crésus est heureux ! Il a tout, & moi rien.Comme il diíoit ces mots, une Aimée en furieAttaque en son Palais le Titan de Carie.

De ses vils Courtisans il est abandonné;

II fuit, on le poursuit; il est pris, enchaîné;

Òn pille ses trésors, on ravit ses maîtresses;

Il pleure ; îl apperçoit, au fort de ses détresses,Irus, le pauvre Irus, qui, parmi tant d’horreurs,Sans songer aux Vaincus, boit avec les Vainqueurs!O Jupiter ! dit-il. O fort inexorable !

Irus est trop heureux ; je fuis seul misérable.

Ilî