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'48 'Deuxième Discours
Ecoute, me dit-il, prompt à me consoler,
Ce que tu peux entendre, & qu’on peut révéler,j’ai pitié de ton trouble ; 8c ton ame sincere,PÚisqu elle íçalt douter, mérite qu’on l’éclaire.
Oui, l’Homme, sur la terre, est libre ainsi que moi ;C'est le plus beau présent de notre cofnmun Roi.
La Liberté qu’il donne à tout être qui pense,
Faít des moindres esprits, & la vie & l’essencè.Qui conçoit, veut, agit, est libre en agissant ;
C’est s attribut divin de l’Etre tout-puissant.ïl en fait un partage à ses enfans qu’il aime.
Nous sommes ses enfans, des ombrés de lui-même.ïl connut, il voulut, & f Univers naquit.
Ainsi, lorsque tu veux, la matieré obéit.
Souverain sur la Terre, & Roi par la pensée,
Tu veux, & sous tes mains la Naturè est forcée.
Tu commandes aux Mers, au soufle des zéphirs,
A ta propre pensée, & même à tes désirs.
Ah ! fans la Liberté, que seroíent donc nos âmes ?Mobiles agités par d'invisibles flammes,
Nos vœux, nos actions, nos plaisirs, nos dégoûts.De notre Etre en un mot, rien ne seroit à nous.
D’un Artisan suprême, impuissantes machines,Automates pensans, mûs par des mains divines ;Nous sérions à jamais de mensonge occupés,
Vils instrumens d’un Dieu qui nous auroit trompés.
Comment, fans Liberté, serions-nous ses images?Que lui reviendroit-il de ses brutes ouvrages ?
On ne peut donc lui plaire, on ne peut l’ossenser ;Il n’a rien à punir, rien à récompenser.
Dans les Cieux, fur la Terre, il n’est plus de justice.Caton fut fans vertu, Catilina íàns vice.
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