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Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
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54 Troisième Discours,

Coeurs jaloux ! A quels maux êtes-voirs donc enproie ?

Vos chagrins font formés de la publique joie ;Convives dégoûtés, laliment le plus doux,

Aigri par votre bile , est: un poison pour vous.

O vous, qui de lhonneur entrez dans la carrière ,Cette route à vous seul appartient-elle entiere ?

Ny pouvez-vous souffrir les pas d'un Concurrent?Voulez-vous ressembler à ces Rois d'Orient,

Qui de T Asie esclave oppresseurs arbitraires,Pensent ne bien régner, quen étranglant leurs freres?

Lorsquaux jeux du Théâtre, écueil de tant d'esprits,Une affiche nouvelle entraîne tout Paris :

Quand Bus rêne Sc Gojfm, dune voix attendrie,

Font parler, ouZamore, ou Fauste, ou Zénobie,Le Spectateur content, quun beau trait vient saisir,Laisse couler des pleurs, enfans de son plaisir :

Rusas désespéré, que ce plaisir outrage,

Pleure auffi dans un coin, mais ses pleurs font derage.

bien ! pauvre affligé ; si ce fragile honneur,

Si ce bonheur dun autre a déchiré ton coeur,

Mets du moins à profit le chagrin qui tanime ;Mérite un tel succès, compose, efface, lime.

Le Public applaudit aux vers du Glorieux ;

Est-ce un affront pour toi ? Courage, écris , faismieux,

Mais garde-toi surtout, fi tu crains les critiques,Denvoier à Paris tes Aïeux chimériques : ( a )

Ne

ct) Mauvaise Comédie qui na être jouée.