De r Envie'. ‘55
Ifc fais plus grimacer tes odieux portraits,
Sous des craions grossiers, pillés chez Rabelais.Tôt ou tard on condamne un Rimeur satirique,Dont la moderne Muse emprunte un air gotique,
Et dans un vers forcé que surcharge un vieux mot,Couvre son peu d’esprit des phrases de Marot.
Ce jargon dans un conte est encor supportable,Mais le vrai veut un air, un ton plus respectable.Si tu veux, faux Dévot, séduire un sot Lecteur,
Au miel d’un froid sermon , mêle un peu moinád’aigreur :
Que ton jaloux orgueil parle un plus doux langage ;Singe de la Vertu, masque mieux ton visage,
La gloire d’un Rival s’obstine à fourrager,
C’est en le surpassant que tu dois t’en venger ;
Erige un monument plus haut que son trophée ;Mais, pour lister Rameau , l’on doit être un Orphée ;Il faut être Psiché, pour censurer Vénus.
Eh ! Pourquoi censurer ? Quel triste & vain abus IOn ne s’embellit point en blâmant fa rivale.
Qu a servi contre Bayle une infâme cabale?
Par le fougueux Jurieu * Bayle persécuté,
Sera des bons eíprits à jamais respecté,
D 4 Ec
* Jurieii «toit nn Ministre Protestant , qui s'acharna contreBayle & contre îe bon Tens ; il écrivit en fol » & il fit le pro-phète 5 II prédit que le Royaume de France éprouveroit desrévolutions qui ne sont jamais arrivées. Quant à Bayle > oníçait que e’cst un des Grands Hommes que la France ait pro-duits. Le Parlement de Toulouíé lui a fait un honneur unique»en faisant valoir son Testament, qui devoir être annulle^com-me celui d’un Réfugié , selon la rigueur de la Loi, Kc qu’il dé-clara valide» comme le testament d’un homme qui avoir éclai-ré le Monde , & honoré sa Partie - L’Arrêt fut rendu suîraport dc M. de Senaux, Conseiller.