êí Quatrième Discours ,
Qui des mains des Plaisirs préparant son poisorì »
Par un filtre invincible assoupit la raison.
Qui la volt est changé, c’est en vain qu’on la brava»On est arrivé libre, on se retrouve esclave.
Le Guerrier tout couvert du sang des ennemis,
Le Magistrat austere & le grossier Commis,
Et la Dévote adroite, & le Marquis volage,
Tout y cherche , à l’envi, l’argent & l’efclavage.Laissons ces insensés que leur espoir séduit,
Courir en malheureux au bonheur qui les fuit.
Mes Vers ne peuvent rien contre tant de folie,
La feule adversité peut réformer leur vie.
Parlons de nos Plaisirs : Ce sujet plein d’appas,
Est bien moins dangereux, & ne s’épuise pas.
De nos réflexions c’est la source féconde,
11 vaut mieux en parler que des Maîtres du Monde.Que m’importe leur Trône, & quel suprême hon-neur,
Quel éclat peut valoir un sentiment du cœur ?
Lts Plaisirs íòntles fleurs que notre divin Maître,Dans nos Champs cultivés au tour de nous fait naîtraChacune a íà saison, & par des soins prudensOn peut en conserver dans l’hyver de nos ans ;
Mais s’il faut les cueillir, c’est d’u ne main légère »On flétrit aisément leur beauté passagère :
N’ossreZ pas à vos sens de mollesse accablés,
Tous les parfums de Flore à la fois exhalés :
Il ne faut point tout voir, tout sentir, tout en-tendre ,
Quittons les voluptés pour savoir les reprendre ;
Le