CINQUIEME DISCOURS,
SUR LA NATURE DU PLAISIR,
A SON ALTESSE ROYALE
Monseigneur le Prince de * *
J U s qjj’a quand verrons nous ce rêveur fanatique iFermer le Ciel au monde ; & d'un ton despotiquesDamnant le genre humain , qu il prétend convertir.Nous prêcher la vertu pour la faire haïr ?
Sur les pas de Calvin ce fqu sombre & severe,Croît que Dieu, comme lui, n agit qu avec colere»Je crois voir d’un Tiran le Ministre abhorré,D’efclaves qu’il a faits tristement entouré.
Dictant d’un air hideux ses volontés sinistres.
Je cherche un Roi plus doux, & de plus doux Mi-nistres.
-.. fe crut parfait, alors qu il n aima rien ;
Il faut que l’on so.it homme afin d’être chrétien.
Je fuis homme, & d’un Dieu je chéris la clémence,*Mortels ! venez à lui, mais par reconnaissance.
La nature attentive à remplir vos désirs,
Vous appelle à ce Dieu par la voix des plaisirs.
Nul encor n’a chanté fa bonté toute entíere,
Par le seul mouvement il conduit la matière.
E Mais
* Cette pjéce est uniquement fondée fur l'impolTïbilité où est! homme d’avoir des sensations par lui-même. Tout íentimensprouve un Dieu, 5c tout sentiment agréable prouye un £>kttbienfaisant.