Sur la nature du plaisirs 6y
O mcSitie’ de notre être, amour propre enchan-teur ,
Sans nous tyranniser régné dans notre cœur.
Pour aimer un autre homme, il faut s’aimer soi-même.
Que Dieu soit notre exemple, il nous chérit, ils’aime.
Nous nous aimons dans nous, dans nos biens, dansnos fils,
Dans nos concitoyens, fur tout dans nos amis.
Cèt amoilr nécessaire est l’ame de notre ame.
Notre esprit est porté sur ces ailes de flamme.
Oui, pour flous élever aux grandes actions,
Dieu nous a par bonté donné les passions. *
Tout dangereux qu’il est c’est un présent céleste,L’uíàge en est heureux, fi l’abus est funeste.
J’admire & ne plains point un cœur maître de foi ìQui tenant ses désirs enchaînés fous fa loi,
S’ar-
* Commè presque tous les mots d’usi'é Largue peuvent êtreentendu*? en plus d\?n sens , il est bon d’avertir ici ^qu’on en-tend par ce mot Passions- des désirs vifs ôc continués de quel-que bien que ce puisse erre : ce mor vient de Part , souffrir ,parce qu’il n’y a aucuft désir sons souffrance ; destter un bienc’est souffrir l’abíence de ce bien , c’est Pâtir , c’est avoir unepassion j & le premier pas vers le plaisir , est essentiellement unsoulagement de cette souffrance. Les vicieux & les Gens debien ont tous également de ces desits vifs & continus , rppellésPassions , qui ne deviennent des vires que par leur hbjer ; lodésir de réussir dans son art, TAmour conjugal, l’Amour pater-nel , le goût des Sciences, font des passions qui n’onr rien decriminel. Il leroìr a souhaiter que les Langues eussent desmots pour exprimer les désirs bsbituels qui en foi sont indiffe-rens, ceux qui sont vertueux, ceux qui font coupables; maisil n’y a aucune Langue au monde qui ait des signes représenta-tifs de chacune de nos idées, & on est obfgé de fe servir dítmême mòt dans une acception différente , a peu-près commson fe sert quelquefois du même instrument pour des Ouvragesde diíîeïeme nature.