Cinquième Discours ,
S arrache au genre humain pour qui Dieu nous fienaître,
Se plaît à l’éviter, plutôt qu à le connaître;
Et brûlant pour son Dieu, d’un amour dévorant,Euit les plaisirs permis, par un plaisir plus grand.Mais que fier de ses croix, vain de ses abstinences »■Et fur tout en secret laísé de ses souffrances,
Jl condamne dans nous tout ce qu’il a quitté,X’hymen, le nom de Pere , 8c la Société ;
On voit de cet orgueil la vanité profonde,
C’est moins f ami de Dieu, que f ennemi du monde;On lit dans ses chagrins les regrets des plaisirs.
Xe ciel nous fit un cœur, il lui faut des désirs.
Des Stoïques nouveaux le ridicule maître,
Prétend m'ôter à moi, me priver de mon être.Dieu si nous l’en croyons seroit servi par nous,Ainsi qu’en son Sérail, un Musulman jaloux,
Qui n’admet près de lui que ces monstres d'Asie ,Que le fer a privés des sources de la vie. *
Vous qui vous élevez contre l'humanité,N’avez-vous lu. jamais la docte antiquité >
Ne connaiífez-vous point les filles de Pélie ,
Dans leur aveuglement voyez votre folie.
Elles croyent dompter la nature & le tems,
Et rendre leur vieux pere à la fleur de ses ans.Xeurs mains par piété dans son sein se plongèrent,-Croyant le rajeunir, ses filles l’égorgerent.
Voilà votre portrait, Stoïques abusés,
Vous voulez changer fhomme , & vous le détruisez.
Un
* Cela ne regarde que les esprits outres , qui vealent ôterà l’homme tous les sénrimens.