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Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
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Cinquième Discours ,

S arrache au genre humain pour qui Dieu nous fienaître,

Se plaît à l’éviter, plutôt qu à le connaître;

Et brûlant pour son Dieu, d’un amour dévorant,Euit les plaisirs permis, par un plaisir plus grand.Mais que fier de ses croix, vain de ses abstinences »■Et fur tout en secret laísé de ses souffrances,

Jl condamne dans nous tout ce qu’il a quitté,X’hymen, le nom de Pere , 8c la Société ;

On voit de cet orgueil la vanité profonde,

C’est moins f ami de Dieu, que f ennemi du monde;On lit dans ses chagrins les regrets des plaisirs.

Xe ciel nous fit un cœur, il lui faut des désirs.

Des Stoïques nouveaux le ridicule maître,

Prétend m'ôter à moi, me priver de mon être.Dieu si nous l’en croyons seroit servi par nous,Ainsi qu’en son Sérail, un Musulman jaloux,

Qui n’admet près de lui que ces monstres d'Asie ,Que le fer a privés des sources de la vie. *

Vous qui vous élevez contre l'humanité,N’avez-vous lu. jamais la docte antiquité >

Ne connaiífez-vous point les filles de Pélie ,

Dans leur aveuglement voyez votre folie.

Elles croyent dompter la nature & le tems,

Et rendre leur vieux pere à la fleur de ses ans.Xeurs mains par piété dans son sein se plongèrent,-Croyant le rajeunir, ses filles l’égorgerent.

Voilà votre portrait, Stoïques abusés,

Vous voulez changer fhomme , & vous le détruisez.

Un

* Cela ne regarde que les esprits outres , qui vealent ôterà l’homme tous les sénrimens.