Dc la nature de r Homme* 77
Le temps est assez long pour quiconque en profite yQui travaille & qui pense en étend la limite.
On peut vivre beaucoup sans végéter long-temps ,Et je vais te prouver par mes raisonnemens : ......
Mais malheur à l’Auteur qui veut toujours instruire íle secret d’ennuier est celui de tout dire.
C’est ainsi que ma Muse, avec simplicité,
Sur des tons dissêrens chantoit la Vérité,
Lorsque de la Nature éclaircissant les voiles,
Nos Français à Quito cherchoient d’autres Etoiles yQue Clercmt , Maupertuis » entourés de glaçons,
D’un Secteur à lunette étonnoient les Lapons,Tandis que dune main stérilement vantée,
Le hardy Vcmctmfon , rival de Prométhée,
Sembloit de la Nature, imitant les ressorts,
Prendre le feu des Cieux pour animer les corps.
Pour moi, loin des Cités, fur les bords du Per-messe,
Je suivois la Nature , & cherchois la Sagesse ;
Et des bords de la Sphere, où s’emporta Milton ,
Et de ceux de l’abîme où pénétra Neuton ,
Je les voiois franchir leur carrière infinie.
Amant de tous les Arts, & de tout grand génie ;Implacable ennemi du Calomniateur ,
Du fanatique absurde & du vil délateur jAmi sans artifice , auteur fans jalousie ;
Adorateur d’un Dieu, mais fans hipocrisie ;
Dans un corps languissant, de cent maux attaqué,Cardant un esprit libre, à l’étude appliqué,
Et scachant qu’íci bas la félicité pureNe fut jamais permise à l’humaine Nature.
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