~Du Suicide. §7
leur chien. Ils ont crû apparemment qu’ilétoit plus aisé de faire le bonheur d'un chat& d’un chien j dans le monde, que celui d’unenfant, & ils ne vouloient pas être à chargeà leur ami.
Toutes ces Histoires tragiques, dont lesGazettes Anglaises fourmillent, ont fait pen-ser à l’Europe, qu’on se tuë plus volontiersen Angleterre qu’ailleurs. Je ne sçais pour-tant si à Paris il n’y a pas autant de fous qu àLondres ; peut-être que si nos Gazettes te-noient un Registre exact de ceux qui ont eula démence de se vouloir tuer, & le tristecourage de le faire, nous pourrions fur cepoint avoir le malheur de tenir tête aux An-glais. Mais nos Gazettes font plus discrettes :les avantures des Particuliers ne font jamaisexposées à la médisance publique dans cesJournaux avoués par le Gouvernement. Toutce que j'ose dire avec assurance. c’est qu’il nesera jamais à craindre que cette folie de setuer devienne une maladie épidémique : lanature y a trop bien pourvu. L'espérance, 8 tla crainte font les ressorts puissans dont elle sesert pour arrêter presque toujours la main d umalheureux prêt à se frapper.
On a beau dire qu’il y a en des Pays où unConseil étoit établi, pour permettre aux Ci-toyens de se tuer, quand ils en avoient desraisons valables je réponds, ou que cela n’estpas vrai, ou que ces Magistrats avoient trèspeu d’occupation» F 4 yoiçi