Buch 
Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
Seite
89
JPEG-Download
 

D u Suicide. 89

II est très fur que ce n’est pas être fans cou-rage que de se procurer ainsi tranquillementune mort íànglante : qu’il saut quelque forcepour surmonter ainsi l’instinct Je plus puislàntde la nature : Et qu’ensin une telle actionprouve de la fureur & non pas de la faiblesse.Quand un malade est en frénésie, il ne fautpas dire qu’il n’a pas de force ; il faut dire queía force est d’un frénétique.

La Religion Payenne défendoit l’homici-de de soi-même, ainsi que la Chrétienne. IIy avoit même des places dans les enfers pourceux qui s’étoient tués.

Proxîma delnde testent tnxfll locci , qm fïbi lethum »Infantes peperere manu , lacemque perofî ,

Projecere animas , qnhm vellent &tbere in alto ,

Hune paupertem ct> dttros perfene labores lFata obftant triftique Palus mnabllls unda ,

Alligqt & Kovies Styx inter f usa çoercet.

Là font ces insensés, qui d’un bras téméraire,Ont cherché dans la mort un secours volontaire,Qui n'ont pû supporter, faibles & malheureux.Le fardeau de la vie imposé par les Dieux.

Hélas ils voudroient tous se rendre à la lumière,Recommencer cent Fois leur pénible carrière :

Ils regrettent la vie, ils pleurent. Et le fort,

Le fort pour les punir les retient dans la mort,L’abîme du Cocite & l'Acheron terrible,

Met entr’eux & la vie, un obstable invincible.

Telle