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Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
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LETTRE de M . Melon , ci-devant Secré-taire dn Régent , à Madame de Veruè , surle Mondain.

J 'Ai , Madame , lingénieufe Apologiedu Luxe. Je regarde cet ouvrage commeune excellente leçon de politique , cachéesous un badinage agréable. Je me flatte de-voir démontré dans mon eflai politique fur leCommerce, combien ce goût des beaux Arts& cet emploi des Richesses, cette ame dungrand Etat, quon nomme Luxe, sont nécessai-res pour la circulation de lespece & pour lemaintien de l'industrie ; je vous regarde, Ma-dame, comme un des grands exemples de cettevérité. Combien de Familles de Paris subsi-stent uniquement par la protection que vousdonnez aux Arts. Que lorí cesse daimer lesTableaux, les Estampes, les Curiosités en tousgenres : voilà vingt mille Hommes âu moinsruinés tout d'un coup, dans Paris, & qui sontforcés daller chercher de remploi chez lE-tranger. II est bon que dans un Canton Suis-se , on fasse des Loix somptuaires, par la rai-son quil ne faut pas quun Pauvre vive commeUn Riche. Quand les Hollandais ont commen- leur Commerce , ils avoient besoin d'uneextrême frugalité ; mais à présent que cest laNation de lEurope qui a le plus dargent, ellea besoin du Luxe, &C.

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