DEFFENSE DU MONDAIN,
oll
i’APOLOGIE DU LUXE.
A Table hieí par un triste hasard,
J’étois astis près d’un maître cafsard,
Lequel me dit : Vous avez bien la mine,
D’aller un joiir échauffer la CuisineDe Lucifer; & moi, prédestiné,
Je rirai bien quand vous ferez damné.
Damné ! Comment ? Pourquoi ? Pour vos folies.Vous avez dit en vos oeuvres non pies,
Dans certain conte en rimes barbouillé ,
Qu’au Paradis, Adam étoit mouillé,
Lorsqu il pleuVoit fur notre premier Pere ,Qu’Eve avec lui buvoit de belle eau claire : !Qu’ils avoient même avant d’être déchus ,
La peau tannée & les ongles crochus.
Vous avancez dans votre folle ivresse,
Prêchant le Luxe, & vantant la molesse,
Qu’il vaut bien mieux, o blasphèmes maudits!Vivre à présent, qu’avoir vécu jadis.
Parquoi mon fils, votre Muse pollue,
Sera rôtie, & c’est chose conclue.
Disant ces mots, son gosier altéré,
Humoit un Vin qui d’ambre coloré ,
Sentoit