r li6 Deffènse du Mondain >
Sçachez surtout que le Luxe enrichitUn grand Etat, s’il en perd Un petit.
Cette splendeur, cette pompe mondaine,'
D’un régné heureux est la ïnàrque certaine^
Lé Riche est né pour beaucoup dépenser,
Le Pauvre est fait pour beaucoup amasser.
Dans ces Jardins regardez ces Cascades,L’étonnement & l’Amour des Nayades ;
Voyez ces flots, dont les nappes d’argent,
Vont inonder ce marbre blanchissant ;
Les humbles Prez s’abreuvent de cette onde ?
La terré en est plus belle & plus féconde yMais de ces eaux si la source tarit,
L’herbe est léchée & la fleur se flétrit.
Ainsi l’on volt en Angleterre, en FranCe,
Par cent canaux, circuler l’abondance :
Le goût du Luxe entre dans tous les rangs?
Le Pauvre y vît des vanités des Grands ;
Et le travail gagé par la molesse,
5’ouvre à pas lents la route à la richesse.J'entends d’ici des Pédans à rabats,
Tristes Censeurs des plaisirs qu’ils n’ont pas,
Qui me citant Denis d’Halkarnaffe ,
Dion , Plut arque ,■ & même un peu d 'Horace rVont criaillant qu’un certain Curius,
Cincinnatus & des Consuls en Us,
Béchoient la terre au milieu des allarsties,
Qu’ils manioient la Charrue & les Armes ;
Et que les Bleds tenoient à grand honneur,D’être semés par la main d’un Vainqueur.
C’est fort bien dit, mes maîtres: je veux croire,Des vieux Romains la chimérique Histoire.