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Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
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m P Apologie du Luxe". lis.

Mais j dites-moi, les Dieux par hasard,

Faisoient combattre Auteuil & Vaugirard,

Faudroit-il pas au retour de la Guerre,

Que le Vainqueur vînt labourer fa Terre ?

L'Auguste Rome, avec tout son orgueil,

Rome jadis, étoit ce qu est Auteuil,

Quand ces Ensans de Mars & de Silvie »

Pour quelques Prez signalant leur furie,

De leur Village alloient au champ de Mars,

Ils arboraient du Foin * pour étendars :

Leur Jupiter au temps du bon Roi Tulle,

Etoit de Bois, il fut d or fous Luculle.

Nallez donc pas, avec simplicité,îîommer vertu ce qui fut pauvreté.

Oh, que Colbert étoit un esprit sageîCertain Butor conseilloit par ménagé,

Quon abolit ces Travaux précieux ,

Des Lyonnois ouvrage industrieux ;

Du Conseiller 1 absurde prudhommie,

Eut tout perdu par pure œconomie :

Mais le Ministre, utile avec éclat,

Sut par le LuXe enrichir notre Etat.

De tous nos Arts il agrandit la source ;

Et du Midy, du Levant & de lOurse,

Nos fiers voisins de nos progrès jaloux,

Payoient lesprit quils admiraient en nous.

Je veux ici vous parler dun autre homme,

Tel que nen vit Paris , Pequin, ni Rome >

Cest Salomon, ce sage fortuné,

Roi Philosophe, & Platon couronné,

H z Quï

* Une poignée de Foin au bout dun bâton > nommé Main*fulut , étoit lc premier étendait des Romains.