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Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
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jtaa ppître far la Calomnie,

Plus que le reste alimens de lEnvie,

Sont exposés à fa dent de harpie ;

Les Beaux-Esprits, les Belles, & les Grands,

Sont de ses traits les objets différents.

Quiconque etì France, avec éclat attireLœil du Public, est sûr de la Satire.

Un bon couplet, chez ce Peuple falot,

Pe tout mérite est l'infaillible lot.

L a jeune Lglé de pompons couronnée.

Devant un Prêtre à minuit amenée,

Va dire un ouï , dun air tout ingénu,

A son mari quelle na jamais vu ;

Le lendemain, en triomphe on la mencAu Cours, au Bal, chez Bourbon, chez la Reine ,Le lendemain , fans trop savoir comment ,

Dans tout Paris, on lui donne un Amant.

Roy la chansonne, & son nom, par la Ville,

Court ajusté sur lair dun Vaudeville :

Aigle sen meurt : ses cris font superflus ;Consolez-vous, Aigle, dun tel outrage >

Vous pleurerez, hélas ! bien davantage,

Lorsque de vous on ne parlera plus-Et nommez-moi la Beauté, je vous prie,

De qui lhonneur fût toujours à couvert.

Lisez-moi Bayle, à lArticle Schornberg,

Vous y verrez à quel point la Satire,

Sçut en tout tems gâter tous les esprits ;

La Terre entière est, dit-on, son Empire^

Mais croyez-moi, son Trône est à Paris,