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Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
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Epître fur la Calomnie, xtt

, tous les soirs, la troupe vagabonde,

Dun Peuple oisif appelle le beau monde,

Va promener, de réduit en réduit,

Linquiêtude, & lennui qui le fuit.

font en foule, antiques Mijaurées,

Jeunes Oisons, & Bégueules titrées,pifant des riens, dun ton de Perroquet,

Lorgnant des Sots, & trichant au piquet.

Blondins y sont, beaucoup plus femmes qu elles,Profondément remplis de bagatelles,

D'un air hautain, dune bruyante voix,

Chantant, dansant, minaudant à la fois.

Si par hazard quelque personne honnête,

D'un sens plus droit, & dun goût plus heureux»Des bons Ecrits ayant meublé fa tête,

Leur fait lafront de penser à leurs yeux jTout auílï-tót leur brillante Cohue ,

Détonnement 8c de colère émue.

Bruyant efsain de Frélons envieux,

Pique & poursuit cette Abeille charmante,

Qui leur aporte, hélas ! trov imprudente,

Ce miel si pur, & si peu fait pour eux.

Qu a n t aux Héros , aux Princes, aux Ministres ,Sujets usés de nos discours sinistres :

Quon men nomme un dans Rome & dans Paris,Depuis César jusqu au jeune LOUIS :

De Richelieu jufquà lAmi dAuguste,

Dont un Pasquin n ait barbouillé le buste.

Ce grand Colbert , dont les foins vigilans ,

Nous avoient plus enrichis en dix ans,