Epître fur la Calomnie, xtt
Là, tous les soirs, la troupe vagabonde,
D’un Peuple oisif appelle le beau monde,
Va promener, de réduit en réduit,
L’inquiêtude, & l’ennui qui le fuit.
Là font en foule, antiques Mijaurées,
Jeunes Oisons, & Bégueules titrées,pifant des riens, d’un ton de Perroquet,
Lorgnant des Sots, & trichant au piquet.
Blondins y sont, beaucoup plus femmes qu elles,Profondément remplis de bagatelles,
D'un air hautain, dune bruyante voix,
Chantant, dansant, minaudant à la fois.
Si par hazard quelque personne honnête,
D'un sens plus droit, & d’un goût plus heureux»Des bons Ecrits ayant meublé fa tête,
Leur fait l’afront de penser à leurs yeux jTout auílï-tót leur brillante Cohue ,
D’étonnement 8c de colère émue.
Bruyant efsain de Frélons envieux,
Pique & poursuit cette Abeille charmante,
Qui leur aporte, hélas ! trov imprudente,
Ce miel si pur, & si peu fait pour eux.
Qu a n t aux Héros , aux Princes, aux Ministres ,Sujets usés de nos discours sinistres :
Qu’on m’en nomme un dans Rome & dans Paris,Depuis César jusqu au jeune LOUIS :
De Richelieu jufqu’à l’Ami d’Auguste,
Dont un Pasquin n ait barbouillé le buste.
Ce grand Colbert , dont les foins vigilans ,
Nous avoient plus enrichis en dix ans,