Buch 
Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
Seite
132
JPEG-Download
 

13 2 L s Antî-Gîton,

Plus dune fois à Socrate, à Platon;

Chez des Héros il fit fa résidence,

Tantôt à Rome, 8c tantôt à Florence ;Cherchant toujours, si bien vous lobservez /Peuples polis, & par art cultivés.

Maintenant donc le voici dans Lutece,

Séjour fameux dés effrénés désirs,

Et qui vaut bien lItalie & la Grece,

Quoiqu on en dise, au moins pour les plaîsirst, pour tenter notre faible nature,

Ce Dieu paraît fous humaine figure, 1Et si na pris Bourdon de Pellerín,

Comme autrefois la pratiqué Jupin ,

Quand, voïageant au Pais nous sommes,Quittoit les Cieux pour éprouver les hommes;ïl na point lair de ce pesant Abbé ,Brutalement dans le vice absorbé ,

Qui, tourmentant en tout sens son eípéce,Mord son Prochain, 8c corrompt la Jeunesse;Lui, dont lœil louche, &c le musse effronté,Font frissonner la tendre volupté;

Et quon prendroit, dans fes fureurs étranges *Pour un Démon qui viole des Anges.

Ce Dieu fçait trop, quen un Pédant crasseux.Le plaisir même est un objet hideux.

Dun beau Marquis il a pris le visage,

Le doux maintien, lair fin, ladroit langage yTrente Mignons le suivent en riant ;

Philh le lorgne, & soupire en fusant.

Ce faux Amour se pavane à toute heure,

Sur le Théâtre aux Muses destiné,