AUX MANES
DE MONSIEUR
DE GENONVILLE,
Conseiller ait Parlement , & intime ami deï Auteur.
T O i que le Ciel jaloux ravit dans ton printemps.Toi, de qui je conserve un souvenir fîdele jVainqueur de la Mort & du Temps,
Toi, dont la perte, après dix ans, sM’est encore affreuse & nouvelle ;
$i tout n’est pas détruit, si, fur les sombres bords,Ce souffle si caché, cette faible étincelle,
Cet Esprit, le moteur & l’esclave du corps,
Ce je ne fais quel Sens, qu on nomme Ame immortelle.Reste inconnu de nous, est vivant chez les Morts zS’il est vrai que tu fois, & si tu peux in entendre,
O! mon cher G e no n vu tE , avec plaisir recoiCes vers & ces soupirs que je donne à ta cendre,Monument d’un amour immortel comme toi.
Il te souvient du temps où l’aimable Egerie,
Dans les beaux jours de notre vie,
Ecoutoic nos chansons, partageoit nos ardeurs.
Nous nous aimions tous trois. La Raison, la Folie,L'Amour, f enchantement des plus tendres erreurs ;Tout réunifient nos trois cœurs.
Que