r 42 Aux Manès de M. de GemmìíléiQue nous étions heureux ! Même cette indigence/Triste compagne des beaux jours ,
Ne put de notre joie empoisonner le cours.
Jeunes, gais, satisfaits, fans foins, íàns prévoyance,'Aux douceurs du présent bornant tous nos désirs,Quel besoin avions-nous dune vaine abondance >Nous possédions bien mieux, nous avions les Plaisirs :Ces Plaisirs, ces beaux jours coulés dans la molesse,Ces Ris, enfans de l’Allegresse,
Sónt passés avec foi dans la nuit du trépas.
Le Ciel, en récompense y accorde à ta Maîtresse,Des grandeurs & de la richesse,
Appuis de l’áge mûr, éclatant embarras ,•
Faible soulagement quand on perd fa jeunesse ;
La Fortune est chez ellé, où fut jadis f Amour.
Les Plaisirs ont leur temps, la Sagesse a son tour.
L’Amour s’est envolé fur l’aílè du Bél âge,
Mais jamais l'Amitié ne fuit du cœur du Sage'.Nous chantons quelquefois & tes Vers & les miens,De ton aimable esprit nous célébrons les charmes,Ton nom se mêle encor à tous nos entretiens,Nous lisons tes Ecrits, nous les baignons de larmes.Loin de nous à jamais ces mortels endurcis ,Indignes du beau nom, du sacré nom d’Amis *
Ou toujours remplis d’eux, ou toujours hors sseux-mêmes,
Au Monde, à l'Inconstance ardens à se livrer,Malheureux, dont le cœur ne sait pas comme on aime,Et qui n’ont point connu la douceur de pleurer !
XA