tjô A Monsieur de Fontenelle.
Comme nous passons la nuit à observerles Etoiles, nous négligeons fort le Soleil,aqui nous ne rendons visite qpe lorí^u il a faitjprès des deux tiers de son touK _N<>us venonsd’apprendre tout-à-l’heure qu il a paru de cou-leur de sang tout le matin; qu ensuite, sansque l’air fût obscurci d’aucun nuage , il aperdu sensiblement de sa lumière & de sagrandeur : Nous n avons su cette nouvelleque sur les cinq heures du soir ; Nous avonsmis la tête à la fenêtre, & nous avons pris leSoleil pour la Lune, tant il étoit pale. Nousne doutons point que vous n’ayez vû la mêmechose â Paris.
C’est à vous que Nous nous adressons,Monsieur, comme à notre Maître. Vous sa-vez rendre aimables les choses que beaucoupd’autres Philosophes rendent à peine intelli-gibles ; & la Nature devoit à la France & àl’Europe un Horhme comme vous, pour cor-riger les Savans, & pour donner aux ignoransle goût des Sciences.
Or dites-nous donc, Fontanelles,Vous qui, par un vol imprévu,De Dédale prenant les ailes,
Dans les Cieux avez parcouruTant de Carrières immortelles ,Oú Saint Paul avant vous a vú,Force beautés surnaturelles,
Dont très-prudemment il s’eíl tu:D u Soleil par vous si connu,
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