A Monsieur de Fontenelle. 177
Ne savez vous point de nouvelles ?
Pourquoi fur un Char tout sanglant,
A-t-il commencé sa Carrière ?
Pourquoi perd-il, pâle St tremblant,
Et sa grandeur & sa Lumière ?
Que dira le BoidainiMliers *
Sur ce terrible Phénomène?
Va-t-il à des Peuples entiersAnnoncer leur perte prochaine ?
Verrons-nous des incursions ,
Des Edit-s, des Guerres sanglantes,
Quelques nouvelles Actions,
Ou le retranchement des Rentes ? «
Jadis quand vous étiez Pasteur,
On vous eût vil fur ia Fougere,
A ce changement de couleur,
Du Dieu brillant qui nous éclaire,
Annoncer à votre Bergere,
Quelque changement dans son cœur;
Mais depuis que votre ApollonVoulut quitter la BergeriePour Euclide & pour Varignon,
Et les Rubans de CéladonPour F Astrolabe d’Uranie,
Vous nous parlerez le JargonDe Calcul, de Réfraction.
Mais daignez un peu, je vous prie,
Si vous voulez parler Raison,
Nous rhabiller en Poésie :
Car sachez que, dans ce canton,
Un trait d'imaginationVaut cent pages d’Astronomie.
M REPONSE
* Le Comte de BouUinvìlIiers, Homme d’une grande Eru-dition, mais qui avoir la faiblesse de croire à l’Aítrologie,