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Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
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Le Temple du Geut.

tin beau Palais, fait pour moi, c’est tout dire.Où tous les Arcs soient en foule entassés,

Où tout le jour je prétends qu’on m’admire.L’argent est prêt ; je parle, obéissez.

11 dit, & dort ; auífi-tôt la CanailleAutour de lui s’évertue 8c travaille.

Certain Maçon , en Vitruve érigé ,

Lui trace un Plan d’ornemens surchargé;

Nul vestibule., encor moins de Façade;

Mais vous aurez une longue enfilade ;

Vos murs feront de deux doigts d’épaiifeurGrands Cabinets, Salon fans profondeur,

Petits Trumeaux, Fenêtres à ma guise,

Que l’on prendra pour des Portes d’Eglife ;

Le tout boisé, verni, blanchi, doré »

Et des Badauts, à coup sûr, admiré.

Réveillez-vous , Monseigneur, je vous prie ±Crioic un Peintre ; admirez l’industrieDe mes talens ; Raphaël n’eut jamaisEntendu l’Art d’embellir un Palais.

C’est moi qui fais annoblir la Nature :

Je couvrirai Plat-fonds, Voûte, Voussure» ’

Par cent Magots travaillés avec foin ,

D’un pouce ou deux, pour être vûs de loin,

Craffus s’éveille; il regarde, il rédige,

A tort, à droit, réglé, approuve, corrige.

A ses côtés, un petit Curieux,

Lorgnette en main, difoit: Tournez les yeux.Voyez ceci, c’est pour votre Chapelle;.

Sur m,a parole, achetez ce Tableau,

C’est