Le Temple du Geut.
tin beau Palais, fait pour moi, c’est tout dire.Où tous les Arcs soient en foule entassés,
Où tout le jour je prétends qu’on m’admire.L’argent est prêt ; je parle, obéissez.
11 dit, & dort ; auífi-tôt la CanailleAutour de lui s’évertue 8c travaille.
Certain Maçon , en Vitruve érigé ,
Lui trace un Plan d’ornemens surchargé;
Nul vestibule., encor moins de Façade;
Mais vous aurez une longue enfilade ;
Vos murs feront de deux doigts d’épaiifeurGrands Cabinets, Salon fans profondeur,
Petits Trumeaux, Fenêtres à ma guise,
Que l’on prendra pour des Portes d’Eglife ;
Le tout boisé, verni, blanchi, doré »
Et des Badauts, à coup sûr, admiré.
Réveillez-vous , Monseigneur, je vous prie ±Crioic un Peintre ; admirez l’industrieDe mes talens ; Raphaël n’eut jamaisEntendu l’Art d’embellir un Palais.
C’est moi qui fais annoblir la Nature :
Je couvrirai Plat-fonds, Voûte, Voussure» ’
Par cent Magots travaillés avec foin ,
D’un pouce ou deux, pour être vûs de loin,
Craffus s’éveille; il regarde, il rédige,
A tort, à droit, réglé, approuve, corrige.
A ses côtés, un petit Curieux,
Lorgnette en main, difoit: Tournez les yeux.Voyez ceci, c’est pour votre Chapelle;.
Sur m,a parole, achetez ce Tableau,
C’est