icjo Le Temple du Goût.
C’est Dieu le père, en sa gloire éternelle,
Peint galamment dans le goût du Vatau. (4)
Et cependant, un fripon dé Libraire,
Des beaux Esprits Ecumeur mercenaire ,
Tout Bèllegarde à ses yeux étalloit,
Gacon, le Noble, & jusqu à Desfontaines,Recueils nouveaux, & Journaux à centaines,
Et Monseigneur vouloir lire, & bailloit.
Je crus en être quitte pour ce petit retarde-ment , & que nous allions arriver au Temple;fans autre mauvaise fortune ; mais la route estplus dangereuse que Je ne pensois. Nous trou-vâmes bien-tôt une nouvelle embuscade.
Tel un Dévot infatigable,
Dans l’étroit chemin du salut,
Est cent fois tenté par le Diable,
Avant d’arriver à son but.
C’étoit un Concert que donnoit un Hom-me de Robe , fou de la Musique qu’il n’avoitjamais apprise, & encore plus fou de la Mu-sique Italienne, qu’il ne connailfoit que par demauvais airs inconnus à Rome, & estropiés enFrance par quelques Filles de l’Ópera.
II faisoit exécuter alors un long RécitatifFrançais, mis en Musique par un Italien quine savoit pas notre Langue. En vain on luiremontra que cette efpece de Musique, quin’est qu’une déclamation nottée, est nécessai-rement